De la croyance à la perplexité

Concernant le vieux dilemme du croire ou ne pas croire, A. Boulanger-Pécout a trouvé, au fil de ses réflexions et interrogations, sa réponse à la question… Et l’essayiste de se définir ainsi comme une non-croyante agnostique. Pourtant, A. Boulanger-Pécout croyait et demeure encore aujourd’hui attachée à la personnalité de Jésus et à certains messages de l’Église. Alors comment en vient-on à ne plus croire, à dé-croire? Qu’est-ce qui, dans la parole religieuse, au fil du temps, ne parvient plus à impressionner ou à y faire adhérer? Et peut-on encore avoir une vie spirituelle sans appartenir à aucune religion? Retour, sans provocation aucune, sans volonté de heurter, sur une trajectoire à rebours, sur une conversion à l’envers, sur un chemin qui mène, entre croyance et athéisme, à l’agnosticisme.
Si le ton de cet ouvrage demeure assuré, il n’en conserve pas moins respect et même une certaine forme d’admiration pour celles et ceux qui ont la foi. S’adressant aussi bien aux fidèles qu’à ceux qui se situent dans le doute, dialoguant avec toutes les facettes de l’âme, qu’elle soit croyante, athée, hésitante, cet essai fournit une belle interrogation sur ce tropisme proprement humain qu’est la recherche de ce qui lui est caché et divin, transcendant et supérieur.

148 pages  -  ISBN : 9782748383003  -  Témoignage > Commander le livre
La presse en parle

Le temps qu’il faut pour le dire…

Oui, le temps qu’il faut pour dire mon étonnement.
Le 15 juin, dédicace dans un hyper-marché de la banlieue parisienne.
Plus ou moins tendus, souvent pressés, soucieux de rapporter le plus vite possible chez eux la totalité de leurs achats, les gens passent en poussant leur caddie.
En quoi mon livre avec son sujet si particulier pourrait-il les intéresser ?
Eh bien, c’est là que naît mon étonnement. Une personne s’arrête, une autre, une autre encore. En huit heures, une quarantaine de personnes se seront arrêtées pour questionner, discuter, affirmer, nier, s’interroger. De la confidence individuelle à la discussion avec d’autres clients, les échanges ont été incroyablement nombreux. Et incroyablement riches.
« Faut-il interpréter comme des messages d’un monde supra-humain les signes qu’on a l’impression de recevoir d’une personne proche décédée ? » Je n’ai pas de réponse.
« Comment peut-on tolérer l’aspect morbide de la religion par rapport à la vie et à la mort ? On nous dit : Après, ce sera mieux. Non ! parce qu’il n’y a peut-être pas d’après. » Je nous recentre sur l’ici et maintenant à vivre : « Heureux les doux, les affamés et assoiffés de justice, les miséricordieux, les artisans de paix… » Mon interlocuteur semble découvrir…
« La religion n’est rien d’autre qu’une philosophie de vie. » J’acquiesce, mais n’est-elle que cela ?
« Je suis très croyant, mais ma femme… » Athée et très réactive. Je leur explique comment Pierre et moi avons vécu une situation presque identique. En quelques instants, ils ont mieux compris comment s’écouter davantage : secrètement j’espère qu’ils pourront continuer à parler entre eux de ce sujet sensible, et s’enrichir ainsi mutuellement.
Il y a aussi, hélas, ceux qui disent : « Croire…, mais l’Eglise ??? ».
Il y a ceux qui passent plus rapidement – « Je n’ai pas envie de réfléchir… » – mais ils s’arrêtent tout de même, hésitants au seuil de la parole qui pourrait se dire. Un regard, un sourire : un autre jour, ils iront plus loin.
Ceux qui m’émeuvent le plus sont ceux qui affirment leur indifférence. Car j’ai la faiblesse de penser que de l’indifférence à l’agnosticisme il n’y a que quelques pas. Et alors d’autres chemins peuvent s’ouvrir. « Le sujet ne m’intéresse pas », disent-ils. Quelques mots suffisent pour qu’ils se découvrent l’envie d’aller plus loin. Jusqu’à celui qui me dit : « Vous me donnez envie de lire la Bible ! » A vrai dire, je l’ai calmé…
Mais où trouvera-t-il, celui-là, où trouveront-ils, tous ceux-là, les personnes disponibles pour écouter leur attente, les personnes libres dans leur tête qui n’auront pas envie de convertir et catéchiser ?
De cette journée, j’ai retiré l’impression d’une attente spirituelle énorme qui m’a beaucoup émue. « Que c’est bon de pouvoir parler de ces sujets-là ! », me dit l’un. « On n’a pas assez l’occasion de le faire », répond une autre.
Alors, que faire ?
Posté le 24/07/2019 20:41:40 1 commentaire(s) - Réaagissez à cet article
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